Deuil périnatal : 7 conseils pour accompagner les parents du tout petit

Vous connaissez des parents qui vivent la perte d’un tout petit et vous ne savez pas comment faire. Faut-il leur parler de leur bébé ou plutôt éviter le sujet en parlant de choses plus légères. Faut-il essayer de leur changer les idées ou plutôt leur donner un espace de parole pour qu’il puisse vivre ce deuil périnatal ? Françoise bénévole de l’association SPAMA vous donne des conseils très utiles et concrets pour les accompagner.

Conseil N°1 : se renseigner sur le deuil périnatal grâce aux associations

Françoise : La première chose est de se renseigner. On ne connaît pas ce deuil, on est très mal informés. J’invite l’entourage à se renseigner sur ce deuil en allant sur des sites d’associations – comme l’association SPAMA -, il ne faut pas hésiter à faire cette démarche pour comprendre et les entourer au mieux.

Conseil N°2 : ne pas donner de paroles réconfortantes

Françoise : On peut être tenté de donner des paroles réconfortantes comme “Tu as de la chance d’avoir d’autres enfants”, “Tu as un conjoint qui t’aime”, “Tu as un toit” …. Il faut se méfier de ces paroles qui peuvent être parfois maladroites et blessantes. En effet, ils le savent, ils sont engloutis, donc ça ne peut pas les apaiser. Il faut plutôt rester en lien avec l’enfant. Je crois que c’est impossible de se mettre à la place de ces parents, si on n’a pas vécu cela soi-même. Alors il faut tout simplement être là, longtemps, et sans jugement. 

Conseil N°3 : dire que la mort de ce bébé vous touche aussi

Françoise : A défaut de les comprendre, vous pouvez les écouter avec une vraie compassion du cœur. Soyez patient et sachez écouter, même sans avoir de réponse à apporter à leurs questions, et ne pas faire de réponse. Ne changez rien à votre attitude de soutien habituel et continuez à leur dire toute votre affection comme auparavant. N’hésitez pas à leur dire combien vous êtes sensibles à leur souffrance et combien la mort de leur bébé vous touche également, mais à un niveau différent si c’est ce que vous ressentez vraiment. 

Conseil N°4 : proposer votre aide (courses, s’occuper des autres enfants, démarches… )

Françoise : Prenez des initiatives et faites des propositions d’aide lorsqu’ils sont fragiles (tâches quotidiennes, courses, démarches). Renouvelez-les souvent. Le seul risque encouru est celui de voir vos propositions refusées. Acceptez-le et restez disponible. 

Il est fréquent d’entendre les parents dire qu’ils ont du mal à s’occuper de leurs autres enfants, fréquent aussi de les voir s’angoisser à l’idée qu’autre chose puisse encore arriver. Vous pouvez les soutenir, non pas en les jugeant, mais en les aidant momentanément à la prise en charge des autres enfants. 

Conseil N°5 : ne pas comparer leur deuil à celui d’un enfant plus grand

Françoise : Surtout ne mesurez pas leur deuil à la durée de vie de l’enfant et ne minimisez pas ce deuil par rapport à celui d’un enfant plus grand. Ce n’est pas parce que personne ne l’a vu et qu’il a eu une vie si courte que l’intensité n’en est pas si forte. N’ayez pas de jugement de valeur. 

Conseil N°6 : les laisser prendre soin de leur bébé… à leur manière

Françoise : Laissez-les prendre soin de leur bébé, à leur façon et pendant longtemps. Ces parents n’ont pas eu le temps de materner, de câliner, mais ils ont besoin de prendre soin de ce lien avec leur bébé. C’est un besoin fondamental, viscéral et tellement important pour construire son deuil.

Regarder les photos, les échographies, caresser les doudous et les petits habits, allumer une bougie, aller fleurir la tombe, passer du temps au cimetière, envoyer un faire-part à ses proches, ne pas toucher la chambre du bébé : tout cela est normal.

Conseil N°7 : être là pendant les dates importantes (anniversaires de naissance et de décès, fêtes des mères… )

Françoise : Ne les oubliez pas et osez reprendre contact avec eux à l’occasion d’un anniversaire, d’une fête, de l’anniversaire du décès, même plusieurs années après, ça les touchera et cela montrera que vous ne les avez pas oubliés. Soyez auprès d’eux dans la durée, même si le temps peut vous paraître long. 



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J'aime peindre à l'aquarelle, vous partager l'histoire de mes créations ainsi que les coulisses de ma marque "La Fabrique à Sourires" 🙂